Comprendre les coleres des enfants la clef pour les apaiser
Accompagnement

Comprendre la colère de l’enfant

septembre 20, 2019

Comprendre la colère de l’enfant est une clef importante pour réagir en conséquence.L’enfant est guidé par ses émotions et instincts primaires. Lorsqu’il est submergé il réagit violemment : Il tape, crie, se roule au sol, mord….
Il est important se de pencher sur le développement du cerveau de l’enfant pour comprendre ces débordements et trouver ensemble des manières pour tempérer et comprendre la colère de l’enfant.

La neuroscience affective : une explication scientifique pour comprendre la colère de l’enfant

Observer le cerveau de l’enfant permet de comprendre pourquoi l’immaturité de celui-ci amène à des réactions immédiates et fortes. Intégrer que physiologiquement son cerveau est programmer pour certaines réactions permet de comprendre la colère de l’enfant.

Infographie de la Neuroscience de l'enfant
Description du cerveau d’un enfant

L’enfant est dominé par son cerveau archaïque appelé également cerveau reptilien. Il assure les fonctions et besoins vitaux et les comportements primitifs : Instinct de survie en déclenchant certaines réactions comme l’agressivité ou la fuite. Il est aussi responsable des pulsions.
Un petit enfant confronté à la colère, à la peur, ou à la surprise, est poussé à attaquer, à fuir ou à se figer.

Le cerveau émotionnel est dominant. Il régules les émotions ressenties et les émotions partagées.

Le cortex orbitofrontal, siège de notre comportement social, est celui de la raison . Il permet de prendre du recul, d’analyser les situation et de réagir en fonction de celle-ci.
C’est ce dernier qui contrôle le cerveau supérieur soit le cerveau archaïque et le cerveau émotionnel. Le cortex orbitofrontal n’est pas mature et ne fonctionne donc pas encore chez le petit enfant.
Il commence à maturer vers 5-7 ans lors de la poussée de croissance neuronale et arrive à maturité vers 25ans.


C’est pourquoi, quand l’enfant est triste il vit une réelle détresse émotionnelle. Et quand il est frustré, c’est une vrai colère / rage qui prend naissance. Il est alors très difficile pour lui de se calmer seul.

La neuroscience affective : en pratique

Ces études neuroscientifiques nous apprennent donc qu’il est inutile de menacer, punir un enfant lorsqu’il est submergé car son cerveau n’est physiologiquement capable d’ingérer de telles informations mais qu’il est important bien au contraire de l’accompagner avec le plus d’empathie possible.

La colère chez les tout petits est totalement normale et bénéfique.
Il exprime sa présence et affirme sa personnalité. C’est une période charnière où il prend conscience de son individualité et teste donc son pouvoir d’action.
Il possède un double désir : Appartenance et Dissociation. L’enfant sera donc en demande d’attention constante, de contact mais il aura également besoin de s’opposer et d’agir pour s’émanciper.
Il se construit entre ces deux polarités.

Quelles solutions pour apaiser les colères de mon enfant ?

se mettre à hauteur d'enfant

Une fois qu’on a accepté et intégré que notre enfant ne fait pas ” exprès” de nous pousser à bout, il faut se mettre à sa place.
Essayer de prendre le recul que l’enfant ne peux pas avoir.

Gardez en tête, que l’enfant ne se contrôle pas, c’est à nous, parents, adultes, de le guider et de calmer ses émotions. Notre simple présence et compassion peut suffire à désamorcer une situation de “crise”.

Il y a plusieurs façons de désamorcer la colère de l’enfant.

La première est l’anticipation : En préparant l’enfant à une action on évite qu’il soit prit de cours. Il a le temps de se créer une image mentale, de se préparer mentalement à la suite.

La seconde est l’habitude : Les tout petits ont besoin de repères et donc de rituels qui les rassurent. Ce sont les situations inhabituelles qui sont souvent source de conflits.

La troisième est la distraction : Sortir l’enfant de sa figure d’attachement immédiate ( ex : une jouet qu’il aperçoit dans les mains de son copain ) en proposant un recentrage sur lui. En lui demandant par exemple ce qu’il ressent en lui.

Enfin, poser des règles simples, précises. Des limites non négociables : sécurité, agression … Et apprenez aussi à vous demander si la situation est réellement importante et si ça ne demande pas un peu de lacher prise de votre coté.

Et si la tempête émotionnelle est déjà entamée, écoutez votre enfant. Verbalisez au maximum, sans lui laisser trop de choix car cela peux le perdre. Proposez des alternatives : un choix mineur dans le choix majeur que vous aurez pris.

Exemple appliqué : Gestion de la colère ou comment comprendre la colère de l’enfant me permet de désamorcer une situation

Jour de pluie. Théodore veut absolument mettre ses sandales.

Un non retentit suivit d’un long cri strident et voilà Théodore en train de se rouler à terre.

Une paire de bottes à la main, je garde mon calme et je lui tend.
Il lève la main pour taper, j’anticipe le geste et l’arrête en douceur mais fermement et sans lever le ton.
Je lui explique que frapper entraine une conséquence directe :
“Quand tu tapes tu fais mal à maman. Et tu sais qu’il est interdit de faire mal a quelqu’un” > énonciation de règles claires et non négociables
Je lui offre une alternative :
“Tu peux décharger ta colère en criant. J’accepte ta colère, car maman aussi elle sent que c’est chaud dedans et que ça monte dans ma poitrine (en désignant mon torse) et toi tu le sens aussi ? C’est chaud ? > recentrage sur lui et ce qu’il ressent
Tu es en colère, je comprend que tu veux ces chaussures là. Mais dehors il pleut et tu vas avoir froid. Est-ce que tu veux ces bottes canards ou ces baskets pompiers ?” > appel à une image mentale qu’il aime et qui dévie son attention)

Et après avoir apaiser la colère de l’enfant ?

Une fois la crise surmontée, il est important de verbaliser les émotions ressenties par l’enfant et par l’adulte. Il se sentira rassuré de comprendre que l’adulte en face de lui ressent aussi des choses. Il faut absolument rassurer l’enfant et oublier les réflexes d’adultisme inculqués depuis notre enfance.
Les mots posés, proposez des solutions, des pistes d’apaisement, un moment de retour au calme. Des bouteilles de retours au calme, des livres, un coussin de colère… par exemple.
Ainsi à la prochaine tempête émotionnelle, il sera capable de repérer ce qu’il ressent et trouver par lui même un moyen de se calmer et d’échapper à ce qui le submerge.
Surtout, n’hésitez pas à vous mettre à sa hauteur. A lui parler les yeux dans les yeux pour qu’il établisse un lien inconscient d’égalité.

Chaque fois que l’adulte rassure, sécurise, console, câline l’enfant en le prenant dans les bras avec une attitude douce, chaleureuse, en prodiguant des gestes tendres, en adoptant un ton de voix calme, apaisant, en ayant un regard compréhensif, il aide l’enfant à faire face à ses émotions et à ses impulsions.

Pour une enfance heureuse de Catherine Gueguen

Enfin, ne plus subir les colères.

Il est donc vital d’être le plus empathique. Comprendre la colère de l’enfant vous permet de vous détacher de la situation et de vous mettre à sa place.
C’est en verbalisant que l’enfant créera le lien de confiance qui apaisera ces émotions. En prenant conscience que son cerveau est immature, il est plus facile de lâcher prise et de se mettre à sa hauteur. Si on comprend son désir tout en restant ferme sur nos positions, on rassure l’enfant.
C’est en l’accompagnant dans l’expression de sa colère, qu’on se montre empathique, qu’on partage avec lui, qu’on verbalise. A chaque fois qu’on se montre bienveillant, chaleureux, empathique, nous aidons la maturation des circuits cérébraux connectant le cortex préfrontal.
Enfin, n’oubliez pas qu’il s’agit d’une période. Que celle-ci n’est que passagère

Pour aller plus loin : voici quelques pistes de réflexions qui m’ont énormément aidé pour rédiger cet article.

Ouvrages sur la colère de l'enfant

Pour une enfance heureuse de Catherine Gueguen
Vivre heureux avec son enfant de Catherine Gueguen
J’ai tout essayé d’Isabelle Filliozat
Cool Parents Makes Happy Kid de Charlotte Ducharme et Camille Beaumont
Et les supports vidéos :
Le cerveau des Enfants, un potentiel infini Film de Stéphanie Brillant
La Maison des Maternelles – France 5

A très vite,

Bénédicte


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